sexta-feira, 12 de junho de 2015

Kandinsky e Klee - Estética Transcultural: Filosofia, Espaço e Performance



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Tô aqui fuçando na internet o que anotei da palestra do Jacques Poulain que vi lá na UniRio e acho que tem samba... 

Na segunda metade do texto ele fala de como a arte abstrata é percebida como experiência estética e como ato de julgamento (fazendo relações com conceitos como o belo, a verdade e o papel estético da linguagem)

Dá vários exemplos da dinâmica estética da comunicação e entre eles o Klee e o Kandisky como momentos da dissolução absoluta das formas e chegando (pelo que eu entendi) à uma imagem "pura" da representação das emoções (e/ou estados mentais).

Acho que o trecho que resume esse papo é esse aqui em baixo...

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La mondialisation esthétique comme mondialisation transculturelle
par Jacques Poulain,
Titulaire de la chaire UNESCO de philosophie de la culture et des institutions

2. La neutralisation pragmatique de la prosopopée visuelle et son surmontement poétique

Parce que la dynamique esthétique de la communication et celle de la créativité artistique mettent en œuvre nécessairement une instance de jugement critique, inhérente au rôle d’allocutaire que chacun joue à l’égard de lui-même, d’autrui et du monde, cette expérimentation ne surmonte les malheurs qu’elle produit qu’en les identifiant comme tels et en faisant juger, quoi qu’en aient les expérimentateurs, de l’objectivité des modes d’existence et d’harmonisation sensible de l’homme au monde, à lui-même et à autrui qu’ils parviennent à y faire apparaître.

(...)

Par contraste avec la conception du tableau qui enlise encore son concept dans la perception, la peinture de P. Klee serait seule parvenue à son concept. Le tableau doit y libérer une rationalité "visuelle” qui appartient au "domaine originaire d’improvisation psychique”. Il doit inciter le regard à parcourir le tableau sans être arrêté et rivé de façon rigide à des figures prégnantes, analogues à celles dont la saillance règle selon les éthologues, les mouvements des animaux bien formés. Peindre, c’est anticiper l'espace de libération de ce regard en faisant agir contre elles-mêmes les lois gestaltistes du tout et de la partie, en construisant un espace de mouvements à partir des marges des figures et de leurs dérives. En faisant disparaître tout centre de gravité du tableau, on se fait voir la libération du regard appelé par ce tableau comme sa réception. Là encore, on fait sentir sans le reconnaître comme tel le pouvoir libérateur de 1'écoute des sons (sous l'aspect de la pensée) : celui qu’elle prête à la réception visuelle des choses qu’elle rend possible en confortant sa liberté à l'égard des pulsions des formes prégnantes et saillantes dans l'exercice de la vision lui-même. Mais c'est le hiatus originaire entre appareils sensoriels et appareil moteur caractéristique de l’homme, retrouvé au sein du malheur pragmatique, entre sensation et action, qui est assimilé à cette liberté et transfigure ce malheur en “dévisualisant” la vision que le tableau appelle comme vision de lui-même : en ôtant dans la composition même de ses formes la possibilité pour ce regard de s'y fixer.

Il revient à Kandinsky d'avoir fait se résorber la dénégation propre à la magie blanche de la peinture jusque dans l'expérience de ce qui conditionne chez l'homme aussi bien la perception visuelle que la production même d'un tableau : dans l'expérience de la prosopopée visuelle. L’enfant ne cesse, on l’a vu, de ressentir l’environnement visuel comme autre chose qu'un centre de projection d'intensités agressives que lorsqu'il parvient identifier le monde des choses vues au monde des sons entendus dans son propre babil : lorsqu'il parvient à faire parler son monde visuel en lui prêtant sa voix pour que ce qu'il voit puisse être perçu en étant perçu comme aussi gratifiant que les sons entendus. De même la composition du tableau doit faire que figures et couleurs y collaborent comme "les voix d'un seul chœur" dit Kandinsky, à faire jaillir en chacun la jubilation d’un grand “Oui”. Mais ce "Oui" à la vie rêvée et ainsi présentée se base explicitement sur le refoulement de toutes les figures et de toutes les formes associées dans la vie courante à un grand “Non” : à l'incapacité ressentie de supporter les conflits cognitifs, moraux et affectifs qui sont devenus le pain quotidien de l'expérimentation de soi.

Pour aller jusqu’au bout de l’expérimentation de la peinture guidée par le refoulement de la prosopopée de la parole, il suffit de suivre Mondrian lorsqu’il vise “ à dénaturaliser” l’expérience même de peindre pour “l’approfondir” : lorsqu’il prend pour objet d’expérience même de la peinture abstraite la dénégation qui l’habite, pour faire du tableau, l’écho magique de cette dénégation. Son but explicite demeure d’implanter la paix et la sérénité. Ce but est atteint lorsque celui qui utilise son langage pour juger les choses, autrui et lui-même se trouve en harmonie avec ce qu’il reconnaît comme vrai aussi bien qu’avec cette reconnaissance. Mais il s’agit ici de l’atteindre en disloquant la synthèse affective des formes et des couleurs picturales avec le monde, construite sur le modèle de l’harmonisation des sons émis aux sons reçus qui la porte et que l’enfant obtient en projetant son rapport sonore à autrui dans son rapport au monde. Le vert, ressenti comme le véhicule d’une harmonisation non questionnée avec la nature, doit y être éliminé et dissout par les couleurs élémentaires du bleu, du rouge et du jaune et par les “non-couleurs” du blanc, du gris et du noir. Volumes, surfaces et lignes ne mènent à l’équilibre parfait désiré, à la paix royale, qu’en étant interrompus et déconstruits, comme canaux conducteurs d’énergie affective visualisée, à l’aide des angles, figures visuelles dynamiques, génératrices d’équilibre, si l’on en croit Mondrian puisque les deux forces omniprésentes et omnipotentes s’y entrecroisent : le masculin et le féminin. Telle est la loi de formation de la “pure plastique de la paix”.
Il est bien évident que ce qui transparaît à travers cette pragmatique des effets picturaux n’est pas le bonheur pragmatique béat, mais la réflexivité chronique que sa recherche déclenche et qui cherche en vain à s’arrêter en elle-même, en s’oubliant dans les jouissances de l’œil. Ce qui fait retour dans cette jouissance esthétique la plus conséquente de la vie humaine à l’âge pragmatique, dans la jouissance de l’œil pur comme dénégation spirituelle de l’œil sensible, c’est le besoin de juger, refoulé par la volonté magique d'appropriation pragmatique du réel et sublimé par la magie négative de le peinture conceptuelle.
Ce que la réduction pragmatique de la parole à l'effet du phénomène d'écoute de soi sur la vision, ne peut dire, mais ce qu'il doit se borner à faire sentir, doit être affronté par la poésie comme technique artistique qui n'a pas le droit à l'inconscience, comme technique qui n'a pas le droit de ne pas connaître la misère, le hiatus originaire, comme appel, comme SOS, auquel elle se sait être la seule réponse. En faisant éprouver quotidiennement la falsification absolue du pragmatisme politique dans la vie, en reconnaissant ce malheur comme neutralisation de ce qui dans la parole rend possible la vie en rendant possible toute conscience, toute action et tout désir et leur reconnaissance comme telle, la poésie d'inspiration russe et slave de ce siècle a pris conscience de la vérité inhérente à la dénégation qui avait engendré l'art abstrait comme une force aveugle. En disant non à l’absolutisation du jugement moral et politique pragmatique ainsi qu'à sa sensibilisation capitaliste et technique aussi bien qu'à la dénégation de soi qu'elle engendre, elle reconnaît que ce qui fait du langage une condition de vie, l'écoute, est aussi certaine qu'elle dit la vérité quand elle dit non à telle ou telle réalité de vie en reconnaissant que l'homme ne peut la vivre, que lorsqu'elle dit oui à la réalité de vie qui permet de vivre toutes les autres : au jugement de vérité lui-même.

O texto todo está aqui:
https://drive.google.com/file/d/0B1z4gdEpp9D6d29nUFdZS0dGQ3FGZWlqXzhTTTFxb1RqR2JR/view?usp=sharing

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Foto: Kandinsky e Klee em Dessau (1927)
por Nina Kandinsky


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Seminário Internacional Estética Transcultural: Filosofia, Espaço e Performance
PROGRAMA

DIA 26/05/2015, TERÇA-FEIRA

Abertura
A GLOBALIZAÇÃO ESTÉTICA COMO GLOBALIZAÇÃO TRANSCULTURAL 
Jacques Poulain, Universidade Paris 8-Saint Denis, UNESCO (Coordenador CAPES-Cofecub/França)
14.00-16.00 Hs
Auditório Vera Janacópolis-Reitoria UNIRIO 

Performance
Direção
Denise Zenicola: apresentação Cadinho de Samba, com o Coletivo MUANES Dançateatro
17.00-17.30 Hs
Auditório Vera Janacópolis - Reitoria UNIRIO

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